vendredi 8 août 2008

histoir

Histoire du Maroc, des origines à nos jours
"Devant le palais"Ludwig Deutch
Dès l'époque néolithique, des migrations venues du Nord ou de l'Est contribuent à la mise en place des premières populations. Celles-ci, de types très variés, sont nommées "berbères" par les navigateurs et les Romains. Leur langue, avec des dialectes différents (tachelhit, tamazight, zenatya), est apparentée à des parlers du Proche-Orient, du Sahara et de l'Afrique noire.
Au VIIIe siècle, l'arrivée des Arabes qui apportent l'islam, la langue et la civilisation arabes est un événement décisif. Le Maroc-Etat est donc une création islamique. C'est un royaume qui naquit à Oualili (Volubilis), où Idriss Ier fut proclamé par la population en 808 et où il prêta le serment coranique de la Beia, pacte liant le Roi à son Peuple et le Peuple à son Roi. Trois vagues d'immigration sont à distinguer. A la fin du VIIe siècle, les premiers conquérants, militaires et cadres administratifs, sont peu nombreux. Au XIIe siècle, les Banû Hilal, nomades d'Arabie, sont enrôlés comme soldats par les souverains almohades et installés par eux sur les terres du Gharb, du Tadla et du Haouz (terres Guich). Au XIIIe siècle, les Banû Ma'qil arrivent jusqu'aux plaines atlantiques. Ces vagues de tribus arabes ont peuplé surtout les campagnes. Quant aux villes, elles ont reçu d'autres éléments -musulmans ou juifs- en provenance essentiellement d'Al Andalus. Ces éléments ont contribué pour une large part au développement urbain des cités traditionnelles.Le nom même de "Maroc" apparaît, semble-t-il, sous les Saâdiens, dynastie ayant régné de 1554 à 1659. Il serait le résultat de la contraction du nom de la ville de Marrakech, la principale de leurs capitales. Auparavant, pour désigner le Maroc, on parlait de Maghreb el-Aqça ou Maghreb extrême. Le Maroc s'est formé et organisé autour de la personne de ses souverains qui exercent une autorité à la fois spirituelle et temporelle. Dans la réalité, l'Etat traditionnel reposait sur deux principes essentiels : à la base, les tribus étaient égales et demeuraient administrées par leurs propres autorités investies par le sultan, et au-dessus du cadre tribal, se trouvait le niveau politique général incarné par le souverain, chef à la fois spirituel et temporel avec son administration, le makhzen. La conquête coloniale entreprise dès le XIXe siècle est une nouvelle étape essentielle dans l'histoire des populations marocaines.Le traité du protectorat signé à Fès en 1912 provoque une vague d'immigration européenne particulièrement importante après la première guerre mondiale. Surtout, la mainmise sur les terres les plus riches et l'introduction des produits européens bouleversent la société et l'économie du pays. La contribution française porte principlament sur trois points : construction des routes et des chemins de fer, développement du port de Casablanca et déplacement de la capitale politique à Rabat.Dès 1930, un fort courant nationaliste se développe, encouragé par le succès d'autres peuples dans leur volonté d'indépendance et par l'affaiblissement des colonisateurs engagés dans la deuxième guerre mondiale. Le roi Mohammed V se rallie alors à la cause du parti de l'Istiqlal (indépendance) mais est destitué puis exilé à Madagascar en 1953. Devant l'ampleur du mouvement nationaliste, les autorités françaises ramènent le sultan de son exil et accordent finalement au Maroc son indépendance le 2 mars 1956.Le Maroc est une monarchie constitutionnelle et héréditaire. Le Roi y est à la fois une autorité religieuse (« Commandeur des croyants »), le chef suprême des armées et préside le Conseil des Ministres. Il choisit le Premier Ministre et nomme les Ministres sur proposition de celui-ci. Le Parlement est composé de deux chambres élues : la chambre des représentants et la chambre des conseillers.Le Maroc a opté pour le pluralisme politique. On dénombre une trentaine de partis légaux. L'ancienne opposition était dominée par deux partis héritiers du Mouvement national pour l'indépendance du Maroc : l'Istiqlal (PI) et l'Union socialiste des forces populaires (USFP). Elle a accédé en 1998 à la tête de la coalition gouvernementale, appelée « gouvernement d'alternance ». Suite aux élections législatives de septembre 2002, une nouvelle coalition a été formée incluant : l’USFP, le PI, le RNI (centre droite), le MP et le MNP (partis berbéristes), et le PPS (ex-parti communiste), avec à sa tête un Premier ministre apolitique, M. Driss Jettou.

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Histoire de la Chine
et ses incidences linguistiques
La Chine fut vraisemblablement peuplée il y a plus d'un million d'années par l'Homo erectus. Puis les hommes modernes atteignirent la région il y a environ 75 000 ans pour développer, vers 7500 avant notre ère, une économie agricole basée sur le millet, le riz, le porc, le chien et le poulet. L'agriculture a commencé à cette époque en Chine, soit peu après son apparition au Proche-Orient (région du Croissant fertile) en raison des changements climatiques. Cette nouvelle activité humaine a eu pour effet de faire augmenter la population et de favoriser la création d'artisans et d'administrateurs. C’est par étapes que les peuples de langue et de culture chinoises se fixèrent sur le territoire de l’actuelle Chine. Au néolithique, la riziculture et la domestication du buffle semblaient acquises. Au nord, dans l’actuelle province du Henan, des communautés agraires existaient entre 6500 et 5000 avant notre ère. Quelque cinq siècles plus tard, de nouvelles sociétés agricoles se développèrent dans le bassin du fleuve Jaune au nord de la Chine, alors que les premiers villages apparurent.
1 La Chine ancienne
Les historiographes chinois ont traditionnellement commencé leurs récits de l'histoire chinoise avec la fondation de la dynastie Xia (environ 2100-1600 avant notre ère), suivie de la dynastie des Shang environ 500 ans plus tard. La Chine des Shang possédait une culture avancée, quelque peu différente de la civilisation chinoise postérieure, avec une écriture, le travail du bronze et des chars, ce dernier suggérant l'influence possible des immigrants occidentaux apparentés aux Hittites et Indo-aryen contemporains. À cette époque, l’écriture, élaborée par les religieux, se composait alors de quelque 3000 signes idéographiques.Au IIe millénaire, une seconde culture commença à apparaître dans la vallée du fleuve Jaune (Huang he), envahissant les Shang. L'existence de la dynastie des Zhou, fondée au XIe siècle, fut la première pour laquelle il existe une tradition historique fiable. La dynastie Zhou semble avoir commencé à gouverner par un système de bureaucratie centralisée. Le pouvoir se fragmenta au cours du règne des Zhou, époque que les annales nomment «période des Printemps et des Automnes». Les conflits militaires firent naître de grands États qui absorbaient les plus petits. L'éclosion de la philosophie et de la culture chinoise, avec le confucianisme, le taoïsme, le légisme et le mohisme (ou motisme), donna une importance toute particulière à cette période.
La Chine entra ensuite dans l’âge du fer (en 513). La charrue de fer tirée par un bœuf ainsi que l’amélioration des techniques d’irrigation permirent de meilleurs rendements agricoles et, par voie de conséquence, un accroissement de la population. La croissance démographique s’accompagna d’une production accrue de richesses et donna naissance à une nouvelle classe de négociants et de commerçants. Les découvertes scientifiques se multiplièrent, telles que les tables de multiplication, l'astronomie, etc. Les premiers tronçons de la Grande Muraille furent construits sous l'ordre des souverains du Chunqiu-Zhanguo (800-400 avant notre ère). Cette fortification leur permit de se protéger des peuples du Nord, en particulier des Xiongnu, tribu apparentée aux Huns.
2 L'Empire du Milieu
Vers 220 avant notre ère, le prince Zheng (plus tard l'empereur Shi Huangdi) parvint à conquérir les autres États et se proclama lui-même premier empereur — sous le titre de «premier auguste souverain» — de la dynastie Qin (221-206), l'une des plus brèves mais néanmoins l'une des plus importantes dynasties chinoises. Son règne correspond en effet à la mise en place de l'ordre impérial et ouvrit la voie à la puissante dynastie des Han. C'est aussi la dynastie Qin qui va donner son nom à la Chine: le nom de Qin, déformé, arrivera en Occident sous la forme de Sin(o)-, Chine ou Shina pour désigner «l'Empire du Milieu». La majeure partie de la Grande Muraille fut érigée sous le règne de Shi Huangdi (221-210) qui redoutait les expéditions menées par les peuples nomades des steppes du Nord. C'est sous son règne que l’écriture chinoise fut normalisée et son usage rendu obligatoire dans tout le pays. Bien que son règne n'ait duré que onze ans, il réussit à soumettre de grandes régions de ce qui constitue le territoire actuel des Han et à l'unifier sous un gouvernement étroitement centralisé. Cependant, ses successeurs ne réussirent pas aussi bien; peu après, la dynastie des Qin s'éteignit et la dynastie des Han lui succéda. Les souverains de la dynastie des Han favorisèrent la renaissance du taoïsme et adoptèrent le confucianisme en tant qu’idéologie officielle. Néanmoins, désireux de le rendre universel, les Han y incorporèrent des idées empruntées à d’autres écoles de pensée, afin de compléter l’enseignement laissé par Confucius et ses disciples. Ils choisirent les fonctionnaires sur la base du mérite plutôt que sur la naissance, selon un principe bien confucéen. La sélection et la qualification des candidats reposèrent sur des examens écrits en chinois mandarin. À la fin du IIe siècle, une université impériale fut créée pour enseigner aux futurs fonctionnaires les cinq classiques de l’école confucéenne. Le grand penseur confucéen Xunzi (env. 300 - env. 237) compila dans un ouvrage intitulé Erya («Approche du sens correct») la terminologie de différentes branches du savoir. On y trouve quelque 1400 entrées dont beaucoup offrent une définition. Il s'agit en quelque sorte d'une sorte de dictionnaire terminologique chinois de l'époque ancienne.
La dynastie des Han connut son apogée sous le règne de Wudi (140-87). La quasi-totalité de ce qu'est la Chine actuelle fut soumise à l’ordre impérial, même si de nombreuses régions, notamment au sud du Yang-tseu-kiang, ne furent pas encore complètement soumises. L’autorité chinoise s'étendit du sud de la Mandchourie jusqu'au nord de la Corée; complètement au sud, les Han conquirent l’île de Hainan. Mais l'expansionnisme territorial, ayant épuisé les ressources financières, entraîna des hausses d'impôt, tandis que les révoltes paysannes se multipliaient et le banditisme se développait. Au Ier siècle de notre ère, la Chine poursuivit son expansion vers l’ouest. Les Chinois, qui contrôlaient la route de la Soie développèrent un commerce actif avec les peuples «barbares» d’Occident.
Par la suite, une période d'instabilité s'installa au cours de laquelle trois États tentèrent de prendre le pouvoir pendant la période dite des «Trois Royaumes». Bien que ces royaumes aient été réunis temporairement en 280 par l'empereur Wu Di de la dynastie Jin, les barbares Wu Hu ravagèrent le pays, provoquant un vaste exode des Chinois au sud du Yangtze. Avec les immigrants et les habitants du Sud, l'empereur Yuandi de la dynastie Jin mit en place la première des cinq «dynasties du Sud» qui résidèrent à Jiangkang (près de l'actuelle Nanjing). Les barbares du Nord furent unis en 376 une fois par Fu Jian de l'ancien empire Qin, puis en 439 par Tai Wu Di, troisième empereur de la dynastie Wei du Nord. La Chine fut dirigée par deux dynasties indépendantes, l'une au nord et l'autre au sud. La courte dynastie Sui réussit à réunir le pays en 589 après presque 300 ans de séparation. C'est à cette époque qu'une grande partie du vocabulaire scientifique et technique chinois fut créé grâce à des ouvrages marquants.En 618, la dynastie Tang prit le pouvoir et une nouvelle ère de prospérité commença. Le bouddhisme, qui s'était lentement introduit en Chine au premier siècle, devint la religion dominante et fut largement adoptée par la famille impériale. Mais les Tang finirent aussi par régresser et une autre période de chaos politique suivit: la période des Cinq Dynasties et celle des Dix Royaumes. La traduction de soutras bouddhiques entraîna l'emprunt d'un grand nombre de mots sanskrits. Un moine bouddhiste de l'époque Tang établit des standards de traduction selon le principe des «cinq intraduisibles»: le mystère, la polysémie, l'incomparable, l'antique et le vénérable pour lesquels, lors d'une traduction du sanskrit en chinois, il prônait le choix pour la simple transcription phonétique.En 960, la dynastie Song prit le pouvoir sur une grande partie de la Chine et établit sa capitale à Kaifeng, alors que la dynastie Liao gouvernait la Mandchourie actuelle et une partie de la Mongolie. En 1115, la dynastie Jin prit le dessus sur la dynastie Liao, tandis que la dynastie Song déclinait. Dans les années qui suivirent, la Chine fut divisée entre la dynastie Song, la dynastie Jin et le Xia occidental, gouverné par les Tanguts. Cette période permit de grandes avancées technologiques en Chine du Sud, en partie à cause de la pression militaire du Nord. Le Mengxi bitan («Essais au fil du pinceau composés au Torrent des rêves») de Shen Gua (1031-1095) établit de nombreux termes spécialisés en mathématiques, physique et géosciences.
3 Les Mongols et la dynastie Ming chinoise
La dynastie des Song ne finit par tomber que sous les assauts répétés d’une armée mongole nettement supérieure en nombre et après des années de combats. En 1206, une assemblée de toutes les tribus mongoles se réunit à Karakorom, en Mongolie, pour confirmer la création de l’unité mongole sous l’autorité de Gengis Khan, l’«empereur suprême». Les Mongols entamèrent rapidement une série de conquêtes qui aboutirent à la formation du plus grand empire du monde de l’époque.
En Chine, Gengis Khan s’empara d’abord de Pékin, la capitale des Jin, en 1215, avant de se rendre maître de tout le nord de la Chine après la reddition de Kaifeng (1233). Le 18 août 1227, l’empire mongol (avec Karakoroum comme capitale), qui s'étendait de Pékin jusqu'à Moscou en passant par la mer Caspienne, fut divisé entre ses quatre fils
L'histoire de Paris
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La cité gallo-romaine et le début du Moyen Âge _Paris au Moyen Âge _Paris sous la Renaissance et la monarchie absolue _
_ Le 18è siècle et la Révolution_ Les grands travaux depuis le 19è siècle_ Paris au 20è siècle
La cité gallo-romaine et le début du Moyen Age
Paris a pour origine un village de pécheurs celtes. La tribu des Parisii s'installa au 3è siècle avant J.-C. dans l'île de la Cité, la fortifia et l'appela Lutetia. En 52 av. J.-C., Lutèce tomba aux mains d'un lieutenant de Jules César. Les Romains l'appelèrent la "ville des Parisii", Civitas Parisiorum. La ville fut fortifiée et commença à s'étendre sur la rive gauche de la Seine : c'est là que furent édifiés les thermes dits aujourd'hui de Cluny et les arènes de Lutèce.
Le christianisme fut introduit par saint Denis, premier évêque de la ville, qui fut décapité par les Romains en 280. La légende rapporte qu'il aurait alors marché avec sa tête jusqu'à l'emplacement de la basilique de Saint-Denis. Menacés par les invasions barbares, les Parisiens résistèrent en 451 aux Huns d'Attila sous l'inspiration de sainte Geneviève qui devint la patronne de la ville.
En 486, Clovis s'empara sans combat de Paris et en fit la capitale du royaume des Francs. Mais la ville fut délaissée par les derniers rois Mérovingiens. Elle déclina surtout sous la dynastie des Carolingiens, Charlemagne ayant choisi comme capitale Aix-la-Chapelle. Les habitants abandonnèrent la rive gauche où ne restèrent que des établissements religieux comme la puissante abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Au 9è siècle, les Normands ravagèrent à plusieurs reprises la région de Paris : la cité fut soumise à un long siège viking en 885.
En 861 Paris était passée dans le patrimoine des Capétiens, qui accédèrent au trône de France avec Hugues Capet en 987. Paris fut d'abord la capitale d'un tout petit royaume, que les Capétiens s'efforcèrent d'agrandir en s'imposant aux autres grands seigneurs. Aux 11è et 12è siècles, la ville connut une renaissance commerciale et urbaine.
La ville reprend alors son expansion sur les deux rives du fleuves, notamment sur la rive droite. A la fin du 12è siècle, Philippe Auguste crée des fontaines, fonde le marché des Halles (à l'origine de la fonction commerciale encore actuelle du quartier) et fait paver les rues importantes. Pour protéger la ville, il fait édifier (1180-1213) un puissant rempart renforcé par la forteresse du Louvre (1204). Pendant plus de sept siècles (jusque 1919), Paris est restée une ville fortifiée, ce qui explique sa forme circulaire (les boulevards concentriques ayant remplacé les murailles successives), la densité de l'occupation du sol, la rareté des espaces libres et des jardins.
Paris au Moyen Âge
L'importance du ravitaillement par voie fluviale donnait un pouvoir important à la "guilde des marchands de l'eau" qui reçut du roi, en 1170 le monopole de tout le trafic fluvial entre Mantes et Corbeil. Leur conseil dirigeant, bientôt représenté par le prévôt des marchands, s'installa au 14è siècle dans la maison aux Piliers, ancêtre de l'Hôtel de Ville actuel. Le roi, lui, était représenté par le prévôt de Paris résidant dans la forteresse du Châtelet. Les deux autorités furent souvent rivales.
C'est à cette époque que se crée la différenciation encore actuelle de Paris : la ville médiévale se divise alors entre la rive droite commerçante (avec le marché des Halles), la Cité siège du pouvoir politique et religieux (encore aujourd'hui avec le Palais de Justice et l'hôpital de l'Hôtel-Dieu), et la rive gauche universitaire et intellectuelle. En effet l'île de la Cité est alors parée de la cathédrale Notre-Dame (entreprise en 1163), de la Sainte-Chapelle sous saint Louis (1246), tandis que le palais royal de la Cité est agrandi par Philippe le Bel (1285-1314).
La tradition intellectuelle de la rive gauche date de l'installation au 12è siècle de maîtres dissidents de la Cité : en effet les contraintes imposées par le chancelier de Notre-Dame, qui surveillait l'enseignement incitèrent certains maîtres à s'installer hors de portée de son autorité, et à enseigner dans les granges de la montagne Sainte-Geneviève. A partir de 1250, une soixantaine de collèges abritent 700 "escholiers" et leur assurent gîte, couvert et "répétitions". Le plus célèbre est celui fondé en 1257 par Robert de Sorbon, qui fut reconstruit au 19è siècle. L'université de Paris est alors l'un des grands centres intellectuels (théologie, philosophie) de la chrétienté médiévale. Avec 80 000 habitants, Paris devient au 13è siècle la plus grande ville de l'Europe chrétienne.
Mais le 14è siècle ouvre des temps plus sombres : la population est éprouvée par la famine de 1315-17 et par la peste de 1348-49. La guerre de Cent Ans entre la France et l'Angleterre fait de la capitale un foyer d'agitation. En 1356, le prévôt des marchands Étienne Marcel se rend maître de la ville contre le Dauphin français. Le roi Charles V (1364-1380) construit une nouvelle enceinte rive droite afin de protéger les nouveaux faubourgs contre les Anglais : la muraille est renforcée par les forteresses de la Bastille et du Louvre, qui est alors agrandie. Paris connaît par la suite de nouveaux troubles. En 1420, la ville est occupée par les Anglais auxquels elle se montre plutôt favorable. Vainement assiégée par Jeanne d'Arc en 1429, Paris n'est reprise aux Anglais qu'en 1436 et reste une ville un peu suspecte, qui ne retrouvera son rôle de capitale que sous François Ier au siècle suivant.
La paix et la prospérité reviennent dans la seconde moitié du 15è siècle, dans un royaume à nouveau unifié. Les hôtels de Sens et de Cluny sont les dernières constructions de l'art gothique.
Paris sous la Renaissance et la monarchie absolue
Le 16è siècle connaît un nouvel élan lorsque le Valois François Ier revient résider dans la capitale après 1530, la cour restant itinérante dans les châteaux royaux au gré des saisons. Il fait abattre le vieux Louvre pour le transformer en palais Renaissance, commence l'église Saint-Eustache et l'Hôtel de Ville. Ouverte aux idées de la Renaissance, la ville connaît à nouveau un grand rayonnement intellectuel et culturel grâce à l'essor de l'imprimerie, au travail de nombreux poètes et savants humanistes dont les plus éminents enseignent au nouveau Collège de France.
Mais ardemment catholique, Paris est fondamentalement hostile à la Réforme : les passions religieuses divisent la cité à partir de 1534 entre catholiques et protestants. Le peuple massacre les huguenots à la Saint-Barthélemy en 1572, se range dans le camp catholique de la Ligue, se soulève à l'annonce de l'assassinat de son chef, le duc de Guise en 1588, et proclame la déchéance du roi Henri III. Henri IV n'entre à Paris qu'après avoir abjuré sa foi protestante.
Elevant au plus haut point la monarchie absolue et centralisatrice, les Bourbons encouragent l'embellissement de la ville. Lors de son règne au début du 17è siècle, Henri IV poursuit le Louvre et le château des Tuileries commencé par Catherine de Médicis, ce qui va favoriser l'extension des beaux quartiers vers l'ouest parisien. Le monarque achève l'Hôtel de Ville et le Pont-Neuf, fonde un nouveau type de places géométriques et homogènes avec la place Royale (aujourd'hui place des Vosges) et la place Dauphine. Le rayonnement culturel de la capitale se renforce sous Louis XIII avec la création de l'Imprimerie royale en 1620, du Jardin des Plantes et de l'Académie française. Louis XIII crée de nouvelles fortifications rive droite (actuels grands boulevards) pour permettre à la ville de s'agrandir : de nouveaux quartiers remplacent la campagne dans le faubourg Saint-Honoré, l'île Saint-Louis, le Marais, le Faubourg Saint-Germain. Richelieu se fait construire le Palais-Cardinal (aujourd'hui Palais-Royal), Marie de Médicis déménage au palais du Luxembourg.
Pendant la minorité de Louis XIV, Paris est affectée par les troubles de la Fronde. En fait, le peuple parisien se retire rapidement de cette guerre de grands seigneurs. Mais le Roi-Soleil n'oublia jamais qu'il avait dû fuir, encore enfant, la capitale. Il bouda Paris et s'installa à Saint-Germain, puis à Versailles en 1680. Avec ses 500 000 habitants, Paris resta cependant le centre de la vie intellectuelle et ne cessa de s'embellir : Les constructions majestueuses se poursuivirent sous l'autorité de Colbert, qui fit appel à de grands architectes comme François Mansart et Claude Perrault. De la fin du 17è siècle datent la colonnade du Louvre qui marqua l'avènement du style classique par opposition au baroque italien, les Invalides, l'Observatoire, l'hôpital de la Salpêtrière, le Collège des Quatre-Nation (aujourd'hui l'Institut), les Portes Saint-Denis et Saint-Martin, les places royales Louis-le-Grand (Vendôme) et des Victoires, les jardins des Tuileries, la manufacture des Gobelins. Cette opulence architecturale contrastait fortement avec le Paris populaire surpeuplé et misérable.
Le siège du gouvernement resta à Versailles jusqu'à la fin de l'Ancien Régime. Cette distance contribua d'ailleurs à rendre la monarchie étrangère aux évolutions de son peuple.
Le 18è siècle et la Révolution
Au 18è siècle, Paris devient le foyer des idées philosophiques des "lumières" : dans les salons, dans les premiers cafés (dont le Procope), on discute avec passion d'égalité, de libertés et de souveraineté nationale. De nouveaux édifices sont construits : l'Ecole militaire, l'Odéon, le futur Panthéon, Saint-Sulpice. Le pont Louis XVI (de la Concorde) conduit désormais à la place Louis XV, la première place royale ouverte (place de la Concorde)… En 1785, les fermiers généraux chargés de percevoir l'octroi, péage payé par les marchandises entrant dans Paris, font édifier par Ledoux les rotondes de la nouvelle enceinte (place Stalingrad, de la Nation). Dépourvu de fonction défensive, ce "mur qui rend Paris murmurant" devait délimiter Paris jusqu'à 1860. Les jardins du Palais-Royal, réaménagés et ouverts au public, deviennent un lieu de discussion et d'effervescence, notamment le 12 juillet 1789.
La Révolution française replaça d'un coup Paris à la tête de la France. La capitale fut le théâtre de la plupart des événements révolutionnaires et la victoire des Jacobins sur les Girondins accentua le mouvement de centralisation. Anecdotique mais révélatrice, la cocarde tricolore fut constituée des couleurs de la Ville de Paris, le bleu et le rouge, entrelacées du blanc monarchique. "Mais puisque Paris prétendait ainsi se substituer au reste du pays, et représenter seul la nation tout entière, les Parisiens ne pouvaient plus prétendre à jouir de la même autonomie que les habitants des autres villes. Ils s'étaient liés au pouvoir central, pour le meilleur et pour le pire". Napoléon en tira les conséquences en soumettant Paris à un statut spécial, sans maire ni conseil municipal, "sous la tutelle d'un préfet de la Seine et d'un préfet de police directement aux ordres du gouvernement" (Michel Mourre). La centralisation allait se poursuivre au 19è siècle et s'accentuer avec les révolutions industrielles, l'exode rural, la création des réseaux de communication ferroviaires puis routiers.
Les grands travaux depuis le 19è siècle
Napoléon n'eut pas le temps de réaliser tous ses projets de grandeur pour la capitale : il commença l'Arc de Triomphe, la Bourse, la colonne Vendôme, les canaux de l'Ourcq, Saint-Martin et Saint-Denis. Il fit détruire les vieilles maisons des ponts et les rives de la Seine pour retrouver la vue sur le fleuve.
A la suite des guerres napoléoniennes, Paris fut occupée en 1814 et 1815, ce qui ne lui était plus arrivé depuis quatre siècles. Aussi les Parisiens accueillirent avec soulagement le retour des Bourbons. La ville entama une période de fort accroissement : elle passa de 600 000 habitants en 1800 à un million dès 1846, uniquement en raison de l'afflux des provinciaux. L'accroissement démographique de la France au 19è siècle fut presque entièrement absorbé par la capitale. Mais les structures de la ville sont encore celles du Moyen Âge et Paris devient une ville surpeuplée et insalubre. Certes l'ouest reste résidentiel, mais à l'est de la ville, le petit peuple est sous-alimenté, vulnérable aux épidémies (choléra en 1832) et la mortalité reste assez forte. Cependant cette coupure sociologique ne se traduit pas encore par un antagonisme politique : les révolutions de 1830 et de février 1848 voient l'alliance des ouvriers et de la bourgeoisie parisienne contre la monarchie. La coupure se produit avec l'insurrection socialiste de juin 1848 et la répression qu'elle entraîne.
C'est le second Empire qui transforma Paris et lui donna son visage actuel. Influencé par la modernité qu'il avait vécue à Londres, souhaitant à la fois améliorer la vie du peuple et assurer la rapidité de la répression en cas d'émeute, Napoléon III confia à Georges Haussmann la direction des travaux, de 1853 à 1869. Le préfet de la Seine devait faire de Paris une grande capitale moderne, adaptée aux transports modernes, assainie et aérée de parcs. Détruisant les vieux quartiers centraux médiévaux, Haussmann créa des percées nord-sud et est-ouest : ces grandes avenues rectilignes bordées d'arbres et d'immeubles cossus en pierre de taille devaient relier visuellement les points forts de la ville. Il fit aménager le train de Petite ceinture aujourd'hui délaissé. Les ingénieurs Alphand et Belgrand aménagèrent un nouveau réseau d'eau potable captant des sources d'eau en amont de la Seine, un réseau d'égouts modernes, 2000 hectares de parcs et jardins, formant un réseau hiérarchisé : depuis les deux grands bois de Boulogne et de Vincennes jusqu'aux petits squares aérant chaque quartier en passant par les parcs des Buttes-Chaumont et de Montsouris. Le préfet créa de nouveaux équipements : des théâtres comme ceux de la place du Châtelet, l'opéra Garnier, deux hôpitaux, des mairies etc. Napoléon III confia à Baltard le réaménagement des Halles centrales. Contrairement à Napoléon III qui finança la création de plusieurs cités ouvrières, Haussmann ne se préoccupa pas de logement populaire.
Paris atteignit alors les fortifications construites par Thiers en 1845. Annexant en 1860 les communes périphériques comme Auteuil, les Batignolles, la Villette, Charonne, Haussmann créa l'actuelle division administrative en 20 arrondissements en prenant soin de diviser certaines communes trop remuantes telles Belleville. Ces nouveaux quartiers encore ruraux s'urbanisèrent alors : ils furent notamment habités par les ouvriers chassés des quartiers centraux par l'augmentation des loyers.
Mais l'Empire s'acheva piteusement en 1870 par la guerre franco-prussienne, l'arrestation de l'Empereur, la proclamation de la République le 4 septembre 1870 et le siège de Paris. L'exaspération du siège et le défilé allemand sur les Champs-Elysées provoqua l'insurrection de la Commune, révolte d'inspiration socialiste et ouvrière de mars à mai 1871. En butte au nouveau gouvernement transféré à Versailles, les Communards incendièrent de nombreux monuments, notamment l'hôtel de Ville et le château des Tuileries.
La fin du siècle est marquée par l'apaisement et l'installation d'une IIIè République modérée. A partir de 1878, les grandes Expositions universelles scandent les progrès scientifiques et techniques. Celle de 1889, dont le clou est la Tour Eiffel marque l'apogée de l'architecture de fer. L'Exposition universelle de 1900 lègue à la capitale le Grand et le Petit Palais ainsi que la première ligne de métro décorée par Guimard. En 1910 s'achève la construction de la basilique du Sacré-Coeur. La ville connaît un nouveau foisonnement culturel et artistique notamment avec les peintres impressionnistes, puis ceux de la Ruche ou du Bateau-Lavoir à Montmartre. Fascinés par l'extrême-orient, plusieurs passionnés rassemblent des collections d'art asiatique qui constituent aujourd'hui des musées (musées d'Ennery, Cernuschi, Guimet). Le maximum de population est atteint en 1911, avec près de 2,9 millions de Parisiens.
Paris au 20è siècle
Lors de la première guerre mondiale, Paris est préservée de l'invasion allemande par la victoire de la Marne, à laquelle ont contribué les taxis parisiens. En 1919, dans l'allégresse de la paix retrouvée, la Ville démolit le mur d'enceinte de Thiers, d'ailleurs périmé avant même la guerre de 1870. La vaste zone non-aedificandi est remplacée par les boulevards des Maréchaux, la ceinture de HBM de briques roses et beiges, et par la "ceinture verte" de Paris où s'élèvent des équipements sportifs. Le "périphérique" ne sera aménagé que dans les années 1960. Le Bois de Boulogne et de Vincennes sont annexés et Paris trouve son allure actuelle.
Pendant l'entre-deux-guerres, le rayonnement littéraire et artistique de Paris dépasse de nouveau les frontières : les artistes de l'Europe entière affluent à Montmartre et à Montparnasse. En matière de constructions, c'est une période de transition : l'Etat bâtit dans le style imposant et austère de l'époque (palais de Chaillot, de Tokyo), les bourgeois apprécient les appartements en forme d'ateliers d'artiste (Bruno Elkouken, Henri Sauvage), certains osent l'avant-garde moderniste (Auguste Perret, Le Corbusier, Mallet-Stevens).
Pendant la deuxième guerre mondiale, Paris est occupé par la Wehrmacht en juin 1940. Malgré les difficultés d'approvisionnement, les arrestations de juifs, les exécutions d'otages, la capitale poursuit sa vie littéraire et théâtrale. Le 25 août 1945, von Choltitz signe la reddition des forces allemandes à la gare Montparnasse.
Depuis 1945, l'évolution architecturale de Paris est la même que dans toutes les villes françaises : des tours et des barres massives et monotones dans les années 1950 et 1960, des immeubles modernes plus élaborés dans les années 1970 (Unesco, Maison de la Radio…). Les années 1980 ont marqué un retour aux gabarits classiques "haussmanniens". L'alignement des immeubles sur la rue, la diversité des formes furent affichés pour la première fois dans l'ensemble des Hautes Formes (13è arrondissement). Cependant ce "après-modernisme" reste fidèle aux volumes purs et cubiques de l'architecture moderne.
Dans le même temps, de nombreux quartiers anciens furent "rénovés". Suite à ces destructions-reconstructions du Front de Seine, de Maine-Montparnasse, des Halles, les édiles ont pris conscience de la valeur des quartiers anciens : Malraux a lancé les campagnes de ravalement dans le Marais, premier "secteur sauvegardé" établi en 1962. A côté de ces quartiers anciens en voie de muséification, la Mairie de Paris souhaite aujourd'hui également préserver les quartiers à l'architecture plus anodine, mais à la vie sociale active, comme le quartier de Montorgueil ou le faubourg Saint-Antoine.
Suite à la normalisation de son statut en 1977, Paris a élu Jacques Chirac comme premier maire depuis la Révolution. Depuis 1982, le statut politique de Paris a de nouveau changé : la capitale a été divisée en 20 mairies d'arrondissement : les électeurs choisissent 350 conseillers d'arrondissement qui élisent les maires d'arrondissement et 613 conseillers municipaux qui élisent le maire de Paris.
Héritiers des monarques absolus, les présidents de la Vè République ont également laissé leur empreinte dans le paysage urbain de la capitale : après les ambitions de de Gaulle pour la région (aéroport de Roissy), le président Pompidou a créé le centre culturel qui porte son nom, malgré son désaccord avec le projet architectural. La destruction des halles de Baltard et les protestations qui s'ensuivirent ont suscité un intérêt croissant pour le patrimoine du 19è : Valéry Giscard d'Estaing a choisi le projet du musée d'Orsay pour occuper l'ancienne gare d'Orsay. Il a aussi opté pour la reconversion des abattoirs de la Villette en Cité des sciences. Ces 15 dernières années ont été marquées par le programme des grands travaux de François Mitterrand. Il a inscrit dans Paris des bâtiments imposants souvent inspirés de formes géométriques pures : l'Arche de la Défense, la pyramide du Louvre, l'opéra Bastille, la "Très grande bibliothèque", le Ministère de l'Economie et des finances de Bercy…
Ces monuments font de la capitale une destination touristique choisie chaque année par plus de 20 millions de visiteurs, tandis que la population parisienne ne cesse de décroître, dépassant désormais de peu les 2 millions d'habitants. Paris est ainsi devenue une magnifique ville-musée, un délicieux cadre festif pour les sorties et les spectacles, un centre d'affaires cosmopolite et animé. Les habitants se concentrent dans les arrondissements périphériques mieux aérés de parcs (Citroën, Belleville, Bercy) et d'équipements récents (stade Charlety, hôpital Robert Debré). Mais un enfant sur deux a quitté la capitale d'un recensement à l'autre…
Sites sur l'histoire de Paris
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